Le 7 mai dernier se tenait à l’Université libre de Bruxelles une conférence intitulée « Boycott : une réponse légitime à l’occupation israélienne ? ». De son côté, l’Association belgo-palestinienne fourbit sa campagne 2009-2010 Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS). De grossiers amalgames en caractérisent les slogans (« Boycott-Apartheid-Israël »). Pourtant Israël est le seul pays du Moyen-Orient doté d’un jeu parlementaire régulier, établi sur le principe « un homme (une femme), une voix », citoyens arabes inclus. Il arbore des médias insolents. Il possède un système judiciaire dont les décisions contrecarrent le pouvoir politique. Rien à voir avec certaines satrapies voisines. Ni avec l’Afrique du Sud pré-Mandela. La campagne BDS est d’inspiration palestinienne. Les officiels de l’Autorité palestinienne rehaussent les assemblées militantes de leur présence. Dans quel but politique ? Faire prévaloir en Europe l’idée d’Israël Etat-voyou ? Négocie-t-on la paix avec un tel Etat ? Ou rêve-t-on de le détruire ? La haine d’Israël et des Israéliens mobilise les boycotts. Et l’impuissance. Les faucons Binyamin Netanyahou et Avigdor Lieberman se soucient des boycotteurs comme de colin-tampon. Au contraire, devant l’opinion israélienne, ceux-ci leur donnent du grain à moudre pour serrer la vis aux Palestiniens.
Justement, Israël impose un blocus sévère à la Bande de Gaza. Il est censé contraindre le pouvoir Hamas, après sa victoire électorale de 2006 et son putsch de 2007, à reconnaître les accords conclus entre Israël et l’OLP. Les Palestiniens sont empêchés d’exporter leurs produits agricoles et horticoles. Ils ne peuvent importer les matériaux nécessaires à rebâtir les immeubles détruits lors de la guerre de janvier 2009. Le boycott fait exploser un chômage déjà calamiteux. Injuste, cette punition collective frappe indistinctement les partisans du Hamas comme ses adversaires. Illégale sur le plan du droit international humanitaire, elle a obtenu le résultat inverse à celui recherché : elle a renforcé le prestige et l’influence du Hamas dans l’opinion gazaouie. Mais les amis de la Palestine qui prônent eux-mêmes le boycott d’Israël sont malavisés de se plaindre. Car, à les entendre, il existerait un bon boycott, le leur contre Israël, et un mauvais, celui d’Israël contre la Palestine !
Comment interpeler l’opinion et le personnel politique européens ? Comprendre la nature du conflit israélo-palestinien doit en permanence éclairer le propos. Il s’agit de l’affrontement séculaire entre deux peuples pour le contrôle d’un espace commun. Il se complique d’un litige sur les Lieux saints. Contrairement à ce que serine un fastidieux matraquage, entre la mer et le Jourdain, la légitimité juive est aussi forte que la légitimité arabe. Des Juifs ont toujours peuplé la Terre sainte. Ils n’étaient pas de soi-disant « Arabes juifs ». Jérusalem voit une population à majorité juive dès le milieu du 19ème siècle. Tel-Aviv fête cette année son centième anniversaire. Cela vaut les demeures ancestrales et les oliviers centenaires du récit palestinien. Ces faits fondent la partition de la Palestine ex-mandataire en deux Etats, l’un juif, l’autre arabe, objectif inabouti depuis 61 ans. Comment l’atteindre ? Le discours du Président américain Obama au Caire en trace une voie, pour autant qu’il se traduise en politique. Le porte parole du Parti socialiste français s’est dit disposé à « favoriser la cause de la paix au Proche-Orient et renforcer tous les dialogues qui peuvent y contribuer » (Newsletter du CRIF - 26.06.2009). Ceci nous change des postures gesticulatoires des partis et associations sensibilisés au conflit de ce côté-ci du Quiévrain. Puissent l’un et l’autre les inspirer.
L’équipe de Kol Shalom